Partager l'article ! Revue de presse alsacienne semaine 04: Sommaire : Plus de 500 millions d'Européens, Strasbourg / Sopre ...
Sommaire :
Plus de 500 millions d'Européens,
Strasbourg / Soprema diversifie son offre / Quatre usines lancées en 2009,
Ribeauvillé / «Made in France» / Beauvillé dans le top,
Mundolsheim / Sur une niche du marché des entreprises / Objetrama se joue de la crise publicitaire,
Alsace / Conjoncture / Activité industrielle : un semblant de stabilisation,
Philippe Mangeard, Ubifrance,
Enquête / Expérience internationale / Les Alsaciens séduits,
Alsace / Conjoncture / Bond des défaillances d'entreprises en Alsace,
Saverne / Pierre Huser reçoit le Mercure d'or / Créateur de saveurs,
Strasbourg / Commerce extérieur / Jean-Louis Hoerlé mobilise les consuls,
Chuchotements / Sarkozy / Son Airbus préparé à Bâle,
Football / Le Racing menacé d'exclusion du championnat / On ne rigole plus.
Plus de 500 millions d'Européens
La population des 27 pays de l'Union européenne dépasse pour la première fois la barre des 500 M d'habitants au 1er janvier 2010, à 501,26 M, selon l'Insee et les dernières estimations d'Eurostat.
Au 1er janvier 2009, la population des 27 pays de l'Union s'élevait à 499,7 millions d'habitants, rappellent les deux instituts.
Avec 64,7 millions de personnes, la France, où vivent 13% des Européens, est au 1er janvier 2010, le deuxième pays le plus peuplé derrière l'Allemagne (81,7 millions d'habitants) tandis
qu'avec 62 millions, le Royaume-Uni arrive en troisième position.
En dix ans, les populations de l'Irlande (4,45 millions) et de l'Espagne (46,08 millions) ont gagné plus de 15%, tandis que celle de l'Allemagne a stagné.
En 2009, à l'exception de la Pologne, de la République tchèque, de la Slovénie et de la Slovaquie, les pays les plus à l'Est ont vu leur population décliner, comme la Bulgarie, la
Lituanie, la Lettonie, la Hongrie, la Roumanie.
La croissance de la population européenne résulte pour 0,6 million de l'accroissement naturel (différence entre le nombre de décès et le nombre de naissances) et pour 0,9 million du solde
migratoire. L'essentiel de l'augmentation de la population française est dû au solde naturel, contrairement à des pays comme l'Espagne, le Portugal ou l'Italie où le solde migratoire joue un
rôle plus important. En 2009, le nombre total de naissances en Europe s'est élevé à 5,4 millions contre 4,8 millions de décès.
Strasbourg / Soprema diversifie son offre / Quatre usines lancées en 2009
Dans un contexte pour le moins morose dans l'industrie comme dans le bâtiment, Soprema redouble d'inventivité et d'initiatives, élargissant sa gamme de produits et créant de nouvelles capacités de production. Qu'on en juge : une nouvelle usine à Sorgues (Vaucluse), remplaçant l'usine historique ouverte en 1941 en Avignon, 12 millions d'investissement ; une nouvelle unité de ouate de cellulose pour isoler murs et toitures à Cestas, près de Bordeaux, 5 millions d'euros ; un nouveau site dans la région de Varsovie, 15 millions d'euros, qui sera opérationnel en fin d'année pour servir l'Europe orientale et les nouveaux Länder ; enfin une unité exploitée conjointement avec Eurovia à Gennevilliers, près de Paris, pour recycler les déchets de couverture bitumineuse...
Côté produits, l'entreprise multiplie les innovations : films de sous-toiture à base de lin, végétalisation de façades, revêtements de substitution au cuivre ou au zinc, réduction de
la masse des membranes pour soulager les poseurs. Soprema met le paquet sur ces sujets, employant 22 personnes dans son service de recherche et développement à Strasbourg dont la capacité va
être accrue moyennant 1,2 million d'euros d'investissement.
« 100% de notre production étaient issus de l'énergie fossile. Notre stratégie est de sortir progressivement de cette dépendance en travaillant sur tout le cycle de vie des produits.
Nous développons par exemple de nouveaux voiles de structure à base de bouteilles recyclées », annonce Pierre-Etienne Bindschedler. Le président de Soprema a présenté hier dans ses locaux
strasbourgeois l'évolution de son groupe et ses résultats. Exercice que ne prisait guère l'entreprise autrefois mais auquel le dirigeant se plie désormais, conscient de l'importance sociale
d'un groupe employant 3 840 personnes dans le monde, dont quelque 400 à Strasbourg. L'une des rares multinationales purement alsaciennes, avec Socomec et De Dietrich Process
Systems.
Soprema est le premier exportateur français dans sa spécialité, les solutions d'étanchéité, et fait partie du top 3 mondial : « Je considère que nous sommes, en réalité, le
leader mondial », dit sans forfanterie M. Bindschedler. En 2008, Soprema a produit 150 millions de m² de membranes d'étanchéité et réalisé 1,04 milliard d'euros de chiffre
d'affaires.
Le volume et les ventes en 2009 devraient être sensiblement équivalent, l'entreprise espérant rester au-dessus du milliard d'euros, score qui dépend surtout des effets de change :
« Nous avons eu la chance de bien résister à la crise. Nous avons fait une meilleure marge en 2009 qu'en 2008. Nous avions anticipé les difficultés du bâtiment », explique
l'industriel. Le groupe a amélioré sa structure financière, faisant passer ses fonds propres de 250 à 290 millions d'euros et son endettement de 85 millions à zéro...
Soprema compte poursuivre ses investissements cette année. Ils s'incarneront en partie dans des acquisitions. M. Bindschedler a annoncé qu'il étudie deux dossiers quasiment mûrs, l'un en
France l'autre à l'étranger. Mais il n'en dira pas davantage... Il s'est en revanche déclaré très satisfait de l'intention du groupe ECD d'investir dans la production de films solaires en
France, et peut-être en Alsace. L'industriel alsacien semble très confiant dans un aboutissement heureux de ce projet en faveur de la région.
Ribeauvillé / «Made in France» / Beauvillé dans le top
L'éditeur alsacien de linge de maison haut de gamme Beauvillé vient d'obtenir fin 2009 le label national « Entreprises du Patrimoine Vivant »(EPV), attribué par le ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi.
La PME de Ribeauvillé rejoint ainsi en même temps que « Chanel et Hermès » dixit son président Jean-Michel Borin, le club très fermé des représentants de l'élite des savoir-faire
français. Au total, 700 entreprises de tous secteurs d'activité sont détentrices du label EPV, une marque nationale de reconnaissance, « un réseau d'excellence au service du made in
France ». A la clé : des allégements fiscaux, un soutien à l'international via des actions communes à l'étranger, un annuaire...
A côté du linge de maison, Beauvillé (130 personnes) s'est diversifié dans les produits de décoration intérieure. Un créneau qui représente aujourd'hui 18% d'un chiffre d'affaires tenu secret
et réalisé à 75% à l'exportation. En revanche, l'activité de façonnier portée par la MIE (Manufacture d'impressions sur étoffes) est en perte de vitesse.
« Beauvillé n'a le label EPV que depuis un mois ou deux. Mais c'est un génial booster pour l'entreprise. Il lui permet d'asseoir sa diversification, sa notoriété à l'export, et de chasser en meute », se réjouit Jean-Michel Borin.
Mundolsheim / Sur une niche du marché des entreprises / Objetrama se joue de la crise publicitaire
Les murs du petit bureau de Gérard Durieux sont tapissés des pages du catalogue d'Objetrama, distributeur par correspondance qui se présente comme le « créateur d'idées cadeaux ». Certains des feuillets sont annotés, d'autres entièrement blancs... Entouré des piles d'autres catalogues, ceux de ses fournisseurs, le chef d'entreprise veille scrupuleusement à la performance commerciale de toutes ses références. Jusqu'au plus modeste stylo-bille.
La pointe à écrire, l'une des références les moins chères à partir de 22 centimes pièce pour une commande de 2 500 unités, reste en dépit de sa banalité un support fétiche de la
communication publicitaire par l'objet. « C'est un objet tabou, une valeur indémodable », sourit Gérard Durieux. Comme les stylos-billes, la quasi-totalité des 4 000 références du
catalogue peut être personnalisée, l'entreprise entretenant son propre studio graphique et travaillant avec un réseau d'imprimeurs et d'ateliers dans la région strasbourgeoise pour la
sérigraphie, la tampographie (*), la broderie ou la gravure laser. Un aspect déterminant du métier puisque la personnalisation assure un quart du chiffre d'affaires. Mais les produits peuvent
être achetés sans marquage.
Le grand air du catalogue, c'est la mission première de Gérard Durieux et l'objet de tous ses soins, même si sa version internet a été créée il y a deux ans. « Le zéro papier, je n'y
crois pas, même si le catalogue nous coûte cher, il reste le principal support de notre message. Avec lui, nous devons convaincre en quelques secondes », affirme le président et fondateur
d'Objetrama. Le catalogue de plus de 200 pages, édité cette année à 380 000 exemplaires, en diminution prudente par rapport à 2009, reste le centre de la relation client.
Objetrama est de création récente, lancée en 2003, mais sa performance tient en bonne partie aux quelque trente ans d'expérience de Gérard Durieux. Aujourd'hui sexagénaire, ce professionnel
de la distribution d'objets publicitaires pour les entreprises, en vente par correspondance, est connu dans la profession pour avoir repris puis revendu l'enseigne strasbourgeoise
Manrique.
Avant de lancer sa propre marque, un nom qui s'est imposé après quelques recherches. « Objetrama, c'est moi qui l'ai trouvé, parmi 2 000 noms possibles. Nous en sommes aujourd'hui
très fiers », se souvient Gérard Durieux. Détenant 70% de l'affaire, Gérard Durieux s'est associé à hauteur de 30% à Thomas Fuss, un expert du marketing de vingt ans son cadet. Un possible
successeur, le propriétaire d'Objetrama ayant depuis longtemps détecté les qualités et l'engagement total de son jeune associé.
Partie de zéro il y a six ans, Objetrama annonçait 3,78 millions d'euros de chiffre d'affaires à fin août 2009, en croissance de 25% par rapport à 2008. La PME emploie 12 personnes à
Mundolsheim, au nord de Strasbourg, et compte 20 000 clients dans toute la France : « Notre clientèle va du CAC 40 à l'épicerie du fond des Pyrénées », se flatte Gérard
Durieux qui peigne avec un soin minutieux ses fichiers de prospects. Il sait depuis longtemps qu'il n'est guère utile d'adresser ses cinq catalogues annuels aux marins-pêcheurs, par exemple.
« Nous louons des fichiers d'adresses pour envoyer notre catalogue mais nous sommes très attentifs au choix des destinataires. Par exemple, un métier qui rapporte encore un peu d'argent, ce
sont les 12 000 ambulanciers français qui ont besoin de communiquer avec les professions de santé et leurs clients », explique Gérard Durieux.
Si l'activité se maintient plutôt bien dans un secteur publicitaire malmené par la crise, c'est la marge qui trinque. Ainsi, il est bien plus difficile aujourd'hui de faire vivre
l'entreprise sur des produits, pour l'essentiel achetés en Europe, dont le faible prix est un critère important : Objetrama travaille surtout dans l'entrée de gamme, sans dédaigner des
références plus luxueuses.
Cependant le chef d'entreprise voit deux défis à relever dans les années à venir : la rapidité de livraison, qui devient impérieuse aux yeux du client, et l'amélioration de la qualité
des produits, y compris ceux que l'Asie fournit à très bas prix. « Les Chinois commencent à se ressaisir, ils ont pris conscience des impératifs de la qualité », prévient-il. Unissant
qualité et rapidité, Gérard Durieux donne en exemple un petit porte-clés lumineux, au catalogue à 60 centimes pièce pour 1 000 commandés. Fabriqués et personnalisés à Taiwan, Objetrama
garantit leur livraison sous huit jours !
Alsace / Conjoncture / Activité industrielle : un semblant de stabilisation
L'industrie alsacienne aura terminé l'année 2009 sur une note moins terne que prévu : la production est restée stable en décembre, avec toutefois des évolutions contrastées d'un secteur à l'autre.
« La progression de l'industrie automobile et des biens d'équipement a compensé le recul observé sur les biens intermédiaires et les biens de consommation », notent les experts de la
Banque de France dans leur dernière note de conjoncture datée en janvier 2010. S'ils s'attendent désormais à une baisse d'activité dans l'automobile, notamment en raison de l'extinction
progressive de la prime à la casse, ces mêmes conjoncturistes pronostiquent à court terme « un rebond technique » dans les biens intermédiaires et les biens de consommation.
Dans le détail, ce sont les secteurs du bois-papier, de la chimie, de la parfumerie, de la pharmacie, des équipements ménagers et de l'imprimerie qui ont connu les plus forts replis en décembre.
A l'inverse, les équipementiers automobiles et électroniques avaient le vent en poupe. Dans d'autres secteurs, on a surtout assisté à une stabilisation de l'activité : c'est le cas notamment
dans la mécanique, dans la métallurgie, dans le textile et dans les industries agro-alimentaires, à l'exception des boissons.
Services et tourisme sauvent la mise
Dans l'ensemble, les carnets de commandes sont jugés trop courts et trop faibles, ne permettant aucune réelle visibilité. Les prix des matières premières ont peu bougé au dernier trimestre 2009. Cela étant, les effets de la crise qui a secoué nombre d'entreprises au printemps 2009 restent prégnants : les effectifs dans l'industrie continuent de baisser, constate en effet l'étude de la Banque de France.
Ailleurs, dans le bâtiment et les travaux publics, l'activité s'est stabilisée, surtout grâce à un plan de relance qui aura évité l'effondrement.
Si, malgré tout, l'état de santé de l'industrie manufacturière reste fragile en Alsace, le tertiaire s'en sort beaucoup mieux : les activités de services ont même légèrement progressé le
mois dernier, en particulier l'intérim et l'ingénierie. Les transports routiers aussi ont connu une fin d'année meilleure que prévu et le marché de la publicité enregistre depuis quelques
semaines une reprise des commandes.
De même, l'hôtellerie a bénéficié d'un taux d'occupation élevé du fait, bien entendu, du succès commercial de « Noël en Alsace » et de ses marchés.
Philippe Mangeard, Ubifrance
Philippe Mangeard, 54 ans, président de Modalohr (filiale de Lohr Industries), vient d'être nommé vice-président du conseil d'administration d'Ubifrance, l'agence française pour le développement international des entreprises.
Ubifrance accompagne notamment les entreprises françaises sur des Salons à l'étranger, délivre des conseils et gère le dispositif des volontaires international en entreprise (VIE). Ingénieur
agronome et titulaire d'un DEA de gestion industrielle, M. Mangeard a développé de nombreuses affaires privées mais s'est également investi au service du public dans le transport multimodal et
dans le commerce international. Il est notamment conseiller du commerce extérieur de la France.
Enquête / Expérience internationale / Les Alsaciens séduits
Comme dans d'autres régions transfrontalières, la proximité immédiate de l'Allemagne et de la Suisse permettent aux salariés alsaciens de côtoyer régulièrement leurs homologues étrangers. D'après cette enquête, 68 % d'entre eux ont eu l'occasion de travailler avec un collègue d'un autre pays au cours des deux dernières années. Ils sont 57 % sur l'ensemble de la France, mais seulement 45 % dans la région Centre.
De même, les salariés alsaciens semblent accorder beaucoup d'importance à la dimension internationale de leur emploi. 69 % d'entre eux considèrent qu'elle est nécessaire à
l'évolution de leur carrière. 65 % des Bourguignons et 76 % des Lorrains partagent cet avis.
Pour Marc Riou, directeur général de Kelly services, « les salariés sont conscients des avantages qu'ils peuvent retirer d'une expérience dans un environnement international avec
pratique des langues étrangères ou échanges multiculturels. »
Néanmoins, cette enquête révèle également des écarts parfois importants entre la volonté des salariés de s'ouvrir à l'international et les moyens mis en oeuvre dans les entreprises.
Ainsi, si 83 % des salariés alsaciens considèrent avoir les compétences nécessaires pour travailler en contact avec d'autres nationalités, ils ne sont que 29 % à déclarer que leur
employeur met en place des formations dans ce sens.
Tableaux de l'économie alsacienne
L'INSEE vient de publier une nouvelle édition de ses fameux Tableaux de l'économie alsacienne. Tous ceux qui aiment l'Alsace connaissent et apprécient cet ouvrage
dont la publication n'est pas annuelle. La mouture 2009-2010 est encore plus copieuse que la précédente qui remontait à 2002, avec plus de 290 pages de chiffres, de cartes, de définitions. Une
mine d'or pour les curieux qui y trouveront les données classiques sur la population, tirées des recensements, mais aussi une foule d'informations sur les entreprises, les secteurs économiques,
l'emploi et les revenus. Vous souhaitez savoir combien de poules vivent en Alsace ? C'est dans cet ouvrage.
L'INSEE a réuni également un grand nombre de tableaux reflétant beaucoup d'aspects de la vie en société, sous l'angle de la santé, de l'enseignement, de la délinquance ou de la justice, du sport.
Les statisticiens ont aussi poursuivi un judicieux effort de développement du chapitre sur la place de la région dans l'espace européen. Il réserve des comparaisons intéressantes, confirmant
notamment la relative jeunesse démographique de l'Alsace dans son contexte rhénan.
Alsace / Conjoncture / Bond des défaillances d'entreprises en Alsace
Les entreprises alsaciennes ont été touchées de plein fouet par la crise. Pour preuve, le nombre de défaillances d'entreprises jugées par les tribunaux a grimpé de 29,6 % en 2009 dans la région. Selon le cabinet Altarès, 1 785 sociétés ont ainsi fait faillite l'an passé, contre 1 377 en 2008.
Ce chiffre est le plus élevé de la décennie 2000-2009. Cette sinistralité est même supérieure à 30 % dans le bâtiment (+46%) et l'industrie (+31 %). De même, le nombre de procédures
de sauvegarde a plus que triplé (+243 %), touchant 24 entreprises contre 7 en 2008 et 8 en 2007. La tendance s'est quelque peu ralentie au dernier trimestre : sur les trois derniers
mois de l'année, le nombre de sociétés placées en redressement ou liquidation judiciaires a augmenté de 9,5 % soit 38 sociétés de plus.
La région est la plus touchée de France alors qu'elle avait été la plus préservée en 2008, avec une hausse des défaillances limitée à seulement 3%.
Saverne / Pierre Huser reçoit le Mercure d'or / Créateur de saveurs
Pierre Huser parle de cuisine comme de poésie. Dans sa bouche, « la terrine de chevreuil à la menthe poivrée » ou « la soupe de poisson au
coulis d'étrilles » résonnent comme une ode à l'épicurisme, une invitation au plaisir.
Ces recettes de son cru vendues sous le label « La Délicathèque » viennent de recevoir le Mercure d'or 2010 de la création. Une distinction qui lui sera remise lundi 25 janvier à
la chambre de commerce et d'industrie de Paris.
« Des idées qu'on ne trouve pas ailleurs »
Pour cet inventeur de saveurs, l'aventure commence toujours par quelques notes sur du papier. « J'essaye d'exprimer avec des mots l'effet que je recherche », explique-t-il. L'huître sera forcément iodée, saline, exubérante. Le champagne apportera la fraîcheur, la vivacité. Il associe les arômes, joue avec les papilles dans le souci de « proposer des idées qu'on ne trouve pas ailleurs ».
Quand il a pris suffisamment de recul, il passe derrière les fourneaux. « Chez moi ou chez un restaurateur qui me fait confiance quand j'ai besoin de matériel professionnel »,
précise-t-il. Il prend la gastronomie très au sérieux, étudie ses effets et préfère ne pas trop s'en remettre au hasard. « Il faut que le goût mais aussi la vue, l'odorat soient
agréables. » Le résultat doit être léger, subtil, festif. Comme « la terrine de homard à la fleur de sel », « la soupe d'araignée de mer au safran » ou « la
confiture duchesse des Rohan : griottes, framboises et pétales de roses ».
« Des endroits typiques, authentiques »
Pierre Huser est un homme raffiné. Derrière le comptoir de l'épicerie qu'il a ouverte à Saverne en 2007, il a accroché un dessin du célèbre paquebot « Le France ». « J'aime la mer parce qu'elle oblige à prendre son temps pour voyager », dit-il en saisissant une boîte en métal blanc. L'intérieur exhale les épices et les fruits. « A l'époque, chaque paquebot avait son propre thé... .
Lui-même a beaucoup voyagé. Ancien ingénieur agronome, il a posé ses valises à « Toronto, Buenos Aires, Vienne, Francfort... » au service des groupes Tetra Pack ou Saint-Gobain.
« J'élaborais des produits alimentaires ou des emballages pour des sociétés agro-alimentaires », résume-t-il. Au passage, le créateur a puisé l'inspiration sur les tables du monde
entier « en essayant de chercher des endroits typiques, authentiques ».
Pierre raconte volontiers que cette passion pour les choses vraies lui vient de son enfance, dans une ferme de la région de Pfaffenhoffen. Il se souvient des repas : « Le seul
moment où tout le monde pouvait se retrouver avant de retourner travailler. » Lui traînait dans les jupes de sa grand-mère. « Elle m'a transmis les valeurs de la cuisine. Elle savait
faire des repas simples avec des produits de qualité. » Un procédé qu'il édicte aujourd'hui en principe.
Strasbourg / Commerce extérieur / Jean-Louis Hoerlé mobilise les consuls
Consuls généraux et entrepreneurs face à face, mais aussi main dans la main pour développer les échanges commerciaux : la CCI de Strasbourg veut jouer « gagnant-gagnant ».
La tradition est désormais bien établie. Chaque année, les consuls généraux et honoraires en poste à Strasbourg ainsi qu'un bon nombre d'exportateurs alsaciens sont conviés à déjeuner ensemble à
la chambre de commerce et d'industrie (CCI) du Bas-Rhin. Un moment festif, certes, qui permet d'échanger les vœux, mais aussi une occasion stratégique pour Jean-Louis Hoerlé, le président de la
CCI 67, de renforcer les liens entre le business et l'institutionnel. Avec pour objectif de créer des synergies entre ceux qui cherchent de nouveaux marchés, de nouveaux pays pour y vendre
et ceux qui les représentent ici.
Partout, le constat est identique : dans une période de crise comme celle que nous vivons, seules les entreprises innovatrices et exportatrices s'en sortent et continuent de prospérer. D'où
la volonté des CCI d'entraîner de plus en plus de PME, mais aussi de très petites entreprises, voire des entreprises d'insertion comme Libre Objet à Strasbourg, sur les chemins de l'exportation.
« L'an dernier, 263 entreprises ont participé à des missions de prospection, 72% de plus qu'en 2008 », a indiqué Jean-Louis Hoerlé. Et parmi elles, beaucoup de
« primo-exportateurs ».
Jouer collectif
En 2010, les CCI d'Alsace développeront une approche plus sectorielle, par filière, par branche d'activité, a annoncé hier Jean-Louis Hoerlé. Qui plus est, elles vont s'appuyer sur les points forts de l'industrie alsacienne, et en priorité sur les pôles de compétitivité dont le rôle de locomotive est clairement affirmé. Autre axe de développement : la promotion des partenariats commerciaux et industriels entre les exportateurs alsaciens et des entreprises locales basées sur ces marchés lointains, avec des possibilités de transferts de technologie, voire de joint-ventures.
Si l'Europe a représenté encore 64% des échanges commerciaux de l'Alsace l'an dernier, les exportations lointaines continuent à se développer. Notamment vers la Chine et l'Inde. Un challenge
qu'il convient de relever collectivement, a insisté le patron de la CCI 67. Avec l'aide des consuls en poste à Strasbourg, mais aussi avec les organismes nationaux comme UbiFrance, la
Coface ou Oséo, et les partenaires territoriaux, à commencer par le conseil régional et Alsace International dont certaines missions pourraient, dans un souci de cohérence régionale, basculer
vers l'univers des CCI.
Chuchotements / Sarkozy / Son Airbus préparé à Bâle
L'Airbus A 330 acheté d'occasion fin 2008 par le ministère de la Défense pour le transport du président de la République est actuellement sur la plate-forme de Jet Aviation Suisse à l'EuroAiport. La société spécialisée dans l'armement et l'aménagement d'Airbus et d'avions d'affaires prépare le futur Air Force One à la française, une « intégration » qui dure de 12 à 18 mois. Selon deux élus du secteur frontalier, les exigences de ce client dépassent toutes celles que la société a rencontrées jusque-là. Outre des douches, il aurait aussi commandé un four à pizza.
Football / Le Racing menacé d'exclusion du championnat / On ne rigole plus
Il n'est pas encore l'heure de tirer à boulets rouges sur les apprentis sorciers qui se sont mis en tête de débouler dans le foot pro en général et son fleuron alsacien en particulier. Mais ce matin, on se retrouve à J-6 d'une grande catastrophe potentielle.
Et Alain Fontenla, propriétaire du Racing depuis le début du mois de décembre, ne peut plus se cacher derrière les faux nez qui ne manquent pas de défiler à la Meinau, où il n'a pas mis les
pieds depuis plus d'un mois, et les subterfuges qu'il semble avoir utilisé pour jouer la montre.
La décision du gendarme financier fait l'effet d'un tremblement de terre
Hier, le propriétaire du club, accompagné de quelques dirigeants, a présenté la situation budgétaire du Racing, assez obscure jusqu'à la fin de la saison. Il était convoqué pour la troisième fois cette saison, la deuxième fois cette année. Le dernier passage, intervenu le 5 janvier, avait mis en valeur les réticences de la DNCG à laisser les coudées franches au financier londonien. Le Racing s'en était sorti avec un encadrement de sa masse salariale, combiné à une interdiction de recruter à titre onéreux.
Mais une nouvelle audition était donc programmée hier pour évacuer quelques zones d'ombre. Ce rendez-vous était crucial ; Hervé Seck, président de la holding qui contrôle la SASP
Racing, EuroRacing, a d'ailleurs souligné l'importance de l'échéance pour expliquer la forme d'immobilisme en vigueur depuis près d'une semaine à la Meinau - le contrat de l'entraîneur-adjoint,
Cyril Serredszum, n'a notamment toujours pas été signé.
Le pire peut encore arriver
S'il n'est guère de bon ton d'utiliser la rhétorique ces temps-ci, le verdict de la réunion parisienne n'a pas accouché d'une souris. La décision du gendarme
financier du foot français fait l'effet d'un tremblement de terre.
La délégation strasbourgeoise composée d'Alain Fontenla donc, de Christophe Cornelie, en charge de l'exécutif à la place du président Julien Fournier, sur le départ, de Jean-Pierre Cochet,
le directeur financier, de Luc Dayan, chargé d'une mission de restructuration, et de Bernard Rousseau, l'adjoint de ce dernier, n'a pas rassuré les 14 membres de la commission. Au regard de la
sanction risquée, elle a même de quoi nourrir de réelles angoisses.
La mardi 26 janvier marque la date butoir
La DNCG a exigé le versement de trois millions d'euros sur le compte de la SASP Racing. Cette somme doit garantir les dépenses programmées jusqu'en juin et notamment une première échéance de 800 000 euros à la fin du mois. Le mardi 26 janvier marque la date butoir. Sinon... le pire peut encore arriver.
Dans l'arsenal de sanctions envisagées en pareil cas et stipulé dans l'article 7 du règlement de la DNCG, la relégation en fin de saison et même l'exclusion pure et simple, non seulement du
championnat de L 2, mais même de tous les championnats nationaux, dans toutes les catégories d'âge, est possible.
Certes, on évoque là une extrémité, qui donne souvent lieu à quelques délais dans son application.
« La partie de cache-cache doit prendre fin au plus vite »
En dépit de solutions de rechange, notamment le plan de reprise local organisé par Henri Ancel, en dépit de l'intérêt manifesté ces dernières heures par le vice-président lorientais, Stéphane Tessier, prêt à investir, « une sanction très grave » est envisageable. « La partie de cache-cache doit prendre fin au plus vite », indique une source interne du club.
Avec l'épisode intervenu hier, la position de Dayan, qui a espéré que la DNCG n'exige pas l'immobilisation de l'argent, est fragilisée. Le chargé de mission s'est refusé à commenter la
décision rendue par l'organisation émanant de la Ligue et de la Fédération.
« Alain Fontenla a certifié qu'il répondrait aux exigences de la DNCG », a indiqué Hervé Seck, en charge de la communication.
Mais en ce sens, l'ancien journaliste remplit son rôle. Il ne doit néanmoins pas être complètement rassuré. Comme la centaine d'employés du Racing.
Avec le compte à rebours enclenché, c'est toute l'activité d'un club, qui se trouve désormais en suspens. Pour six longues journées. On n'ose même plus penser à d'éventuels recrutements de
joueurs ces temps-ci...
Alain Fontenla est toujours attendu en Alsace vendredi. Il serait inspiré de ramener dans sa valise de quoi assurer la pérennité d'un club en grand danger.
Articles extraits des Dernières Nouvelles d'Alsace www.dna.fr